Poésie

« Les Gardiennes du monde sont fauves»

Elles sont de celles qui sont Sur le fil, toujours à un centimètre du vide. C'est en dansant à l'unisson qu'elles se sauvent, elles crient, elles croient, elles chantent, elles dansent.
Les gardiennes du monde sont fauves. Des que les premiers rayons de soleil percent, elles rugissent et s'éclipsent.

Elles sont fugitives, elles sont libres et leurs cœurs sont purs. Si vous avez la joie de les rencontrer, ne serait-ce qu'une seconde, à tout jamais elles marqueront vos mémoires. Telles des sirènes de la nuit, elles vous happeront de poèmes, de mélodies et de caresses.

Ces louves n'ont peur de rien, elles lèchent les blessures du monde en versant des couleurs sur la nature. Elles sont artistes, fêlées, elles sont déesses. Elles créent dans l'obscurité pour offrir leurs énergies aux masses endormies. Elles appellent de leurs vœux la révélation de la lumière.

Les enfants les voient encore, même en plein jour, leurs rétines impriment le feu qui se dégagent d'elles. Elles sont partout, elles se penchent sur les berceaux et sur les âmes fatiguées. Elles sont guérisseuses, chamanes, fées, magiciennes.

Leurs sensibilités sont belles, numineuses et fragiles, elles hurlent en cœur, elles frémissent devant la danse des arbres et des petites pousses. Elles n'ont qu'une vertu, elles sont libre d'être entières. Une liberté de tout feu, elles s'immiscent.

Je les sens. Mes gardiennes surveillent. Elles attendent qu'enfin que je les rejoigne. Elles sont dans mon ventre, sur mes paupières, sur mon épaule droite, elles m'appellent, moi tout petit bout de femme, je les rejoins dans mes songes, et parfois au hasard d'une peinture, je leur souris. Je les sens. Je les ressens.

Ce sont elles qui peignent. Elles sont mes mains, mes pieds, elles sont ma peau, elles sont mes sens. Elles me donnent le courage, le courage de créer encore, le courage de me lever encore, le courage de me battre encore!

Elles insistent, elles se déguisent, parfois elles sont araignées, parfois lézards. Elles sont de celles qui sont sur le fil et se sauvent en dansant.

« J'écris au clair de Lune »

J'écris au clair de lune, mon cahier à peine éclairé par cet astre nocturne. J'écris presque dans le noir, mes lettres peinent à se former, mon esprit fourmillant d'idées, et de défis. J'ai tellement à dire, à raconter.

J'écris au clair de lune, sans réfléchir, j'exprime. Mes mots se bousculent, trouvent un chemin sinueux à travers mes phalanges.

J'écris, j'écris parce que je n'ai pas toujours les mots, et qu'il arrive que les couleurs ne suffisent pas. J'écris les plaies béantes, j'écris les respirations et les silences. J'écris lorsque le monde dehors dort.

J'écris pour avoir le luxe d'oublier, la pointe de mon stylo imprime, ça s'exprime, ça soit de moi, c'est de la maieutique. Ça me digère.

« Je suis la louve»

Je suis la chambre magmatique, j'enfle, je gonfle, puis dans un feu puissant se déclenche l'éruption démente.

Je suis la chaleur étouffante de l'été avant l'orage, j'accumule, la tension explose en un éclair.
Je suis le geyser bouillonnant prêt à jaillir.
Je suis le café qui déborde.
Je suis les plaques tectoniques, la tension avant le séisme.
Je suis la singularité avant le Big Bang.
Je suis le torrent qui gronde.
Je suis la cascade qui déferle.
Je suis la fleur qui éclos.
Je suis la supernova qui explose.
Je suis l'essence qui prend feu.
Je suis la nature qui fait le printemps.

Je suis la louve, tapie qui protège ses petits, prête à bondir, mes griffes sont acérées et je me soigne en léchant mes blessures.